La perte d’autonomie



Un enjeu majeur des prochaines décennies est l’allongement de la durée de vie, et avec elle l’augmentation du nombre et de la proportion de personnes en perte d’autonomie dans la société française. L’Organisme Commun des Institutions de Rente et de Prévoyance (OCIRP), dans une étude réalisée en 2013, estimait que 1,2 million de personnes âgées étaient en perte d’autonomie.

Les personnes en perte d’autonomie préfèrent bien souvent rester chez elles. C’est l’opinion aussi de la majorité des personnes interrogées lors du baromètre OCIRP / France Info / LCI / Le Monde 2017: à la question « Si vous aviez une personne adulte proche (parents/fratrie/enfants) en situation de perte d’autonomie, comment pourrait-elle être aidée ? », 76,2% répondent « en favorisant son maintien à domicile »
Source : www.ocirp.fr

Cette préférence pour le maintien à domicile coïncide avec le courant actuel en santé publique qui s’achemine vers la fin d’une politique de parcours de soin hospitalo-centré, et évolue vers une logique d’accompagnement et de services maillés sur le territoire, visant à un parcours de santé coordonné et un maintien à domicile des personnes âgées, dépendantes ou malades. L’enjeu majeur chez les personnes en perte d’autonomie à domicile est double : préserver cette autonomie, par des programmes de prévention, et éviter à tout prix une hospitalisation en urgence, qui a des conséquences dramatiques chez une personne âgée, aussi bien en termes de coût qu’en termes d’indépendance. Cette stratégie œuvre pour retarder l’entrée en établissements médico-sociaux des personnes âgées et fragiles.

Cette évolution de la prise en charge des personnes en perte d’autonomie est possible grâce à des moyens conséquents et des innovations majeures dans ce domaine. Rester à domicile n’est possible que si des ressources sont disponibles, 24H sur 24H. La plupart du temps, ce sont les proches et les familles qui sont sollicités, avec l’appui ou en complément des services de santé (accueil de jour, HAD, libéraux, SSIAD,). On les désigne par le terme de « Proches aidants ».

Ainsi, le Proche aidant est l’une des principales garanties d’un maintien au domicile de qualité. Pourtant, à la question : « Pensez-vous qu’il est possible que les personnes en perte d’autonomie soient aidées au quotidien par leur famille », 47.4% des personnes interrogées pour le baromètre répondent oui et 49.7% non. La proportion de Non augmente de manière constante depuis 2007, à mesure que les conséquences financières, psychologiques et sanitaires pour les Proches aidants sont mieux reconnues.