Les Proches aidants



La Confédération des Organisations Familiales de l’Union Européenne (COFACE) donne, dans la charte européenne de l’Aidant familial, la définition suivante de l’Aidant : il s’agit de « la personne non professionnelle qui vient en aide à titre principal, pour partie ou totalement, à une personne dépendante de son entourage, pour les activités de la vie quotidienne. Cette aide régulière peut être prodiguée de façon permanente ou non et peut prendre plusieurs formes, notamment : nursing, soins, accompagnement à l’éducation et à la vie sociale, démarches administratives, coordination, vigilance permanente, soutien psychologique, communication, activités domestiques, … »
Référence : www.aidants.fr

Le cadre législatif (Article R245-7 du Code de l’Action Sociale et des Familles) définit qu’est considéré comme un aidant familial, […] le conjoint, le concubin, la personne avec laquelle la personne handicapée a conclu un pacte civil de solidarité, l’ascendant, le descendant ou le collatéral jusqu’au quatrième degré de la personne handicapée, ou l’ascendant, le descendant ou le collatéral jusqu’au quatrième degré de l’autre membre du couple qui apporte l’aide humaine définie en application des dispositions de l’article L. 245-3 du présent code et qui n’est pas salarié pour cette aide […] »
Référence : www.legifrance.gouv.fr

Si les Proches aidants ont le plus souvent un lien familial avec la personne accompagnée, ils peuvent être tout simplement un proche, un voisin ou un ami, qui accomplit ces actes d’aide à la vie quotidienne. Alors si les définitions du Proche aidant sont nombreuses, elles s’accordent toutes sur le caractère non professionnel de l’aide et sa régularité.

Le baromètre des Aidants 2017 de la Fondation April / Institut BVA ( www.fondation-april.org/barometre-fondation-april ) estime à 11 millions le nombre d’Aidants en France, et que 63% d’entre eux ignorent leur position d’aidants. L’enquête Handicap Santé réalisée par la Direction de la Recherche, des Etudes, de l'Evaluation et des Statistiques (DRESS) auprès des aidant informels en 2008 (drees.solidarites-sante.gouv.fr) recense 8,3 millions de personnes de 16 ans ou plus occupant la fonction d’aidant : 4,3 millions auprès de personnes âgées de 60 ans ou plus vivant à domicile (dont 3,4 millions pour des actes de la vie quotidienne) et 4 millions auprès de personnes âgées de moins de 60 ans.

Les statistiques relatives au recensement des personnes aidants un proche varient, mais convergent en ce qu’elles établissent qu’ils représentent plus de 10% de la population (Estimation INSEE de la population française à fin 2017 : 67 186 638 personnes).

Pour la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie (CNSA) en 2014 (www.cnsa.fr/documentation/dossierparticipant_v13.pdf), 5,5 millions de personnes vivant à domicile (âgées de 5 ans ou plus) sont régulièrement aidées par des proches pour des raisons de santé ou de handicap. Dans près de deux tiers des cas (64 %), l’aide est prodiguée par un seul aidant.

Ces personnes soutiennent leur proche en plus de leurs activités familiales et professionnelles. En effet, 51% sont des salariés, qui en plus de leur travail, prennent en charge un membre de leur famille(source : Fondation April). En effet, le temps moyen d’aide serait de 5h18min par jour (source : Etude Ifop / MACIF 2008 : Étude nationale « Connaître les aidants et leurs attentes » - www.aveclesaidants.fr/MACIF-IFOP-Les-aidants-Lecture-seule.pdf ) Dans le cas spécifique de la maladie d’Alzheimer, le Proche aidant consacre en moyenne 3 heures par jour à la personne qu’il accompagne (source :Enquête France Alzheimer/ Opinion Way 2016.

Les données ci-dessous brossent un rapide portrait des Proches aidants
(Source : DOSSIER DE PRESSE Baromètre des aidants 2017 ; Fondation APRIL – Institut BVA ; Septembre 2017 :
58% des aidants sont des femmes
75% des aidants ont moins de 65 ans
51% des aidants sont des actifs, dont 41% des salariés
84% des aidants aident un membre de leur famille, dont 38% l’un de leurs parents
81% des aidants de personnes touchées par la maladie d’Alzheimer aident leur parent (source : Enquête France Alzheimer / Opinion Way 2016)

Si une majorité des Proches aidants ne peut s’imaginer ne pas soutenir leur proche, et éprouve une satisfaction certaine à l’accompagner au quotidien, il n’en reste pas moins que le temps et l’énergie consacrés à la personne en perte d’autonomie peuvent aussi impacter négativement la vie professionnelle et sociale de ces personnes.
Ainsi, 44% des Proches aidants considèrent que leur engagement auprès de la personne qu’ils accompagnent au quotidien a un impact positif sur leur état d’esprit (34% un impact négatif, 22% pas d’impact). En revanche, ils rapportent un impact négatif sur leur vie sociale (48% d’impact négatif, 19% d’impact positif, 33% pas d’impact), et leur vie professionnelle (45% d’impact négatif, 18% d’impact positif, 37% pas d’impact) (source : enquête Ifop pour Adhap services, 2017, www.ifop.com ).
D’autre part, 29% des Proches aidants déclarent, en 2008, manquer de soutien moral et affectif (personne à qui parler, personne sur qui se reposer) et 16% affirment manquer de temps pour soi (personne relais) / de tranquillité ou repos (source : enquête Ifop MACIF)

A terme, le rôle de Proche aidant a potentiellement une incidence sur la santé des personnes concernées. Des études ont montré que les principales conséquences sont : le stress, voir l’épuisement et les troubles dépressifs, les troubles du sommeil (source : Recommandations de Bonnes Pratiques - Maladie d’Alzheimer et maladies apparentées : suivi médical des aidants naturels – Haute Autorité de Santé, 2010 - www.has-sante.fr ).

La reconnaissance du rôle des proches dans le soutien et le maintien à domicile des personnes en perte d’autonomie s’est accompagnée du constat de l’impact de ce rôle dans la vie de nombreux Français. La notion d’un besoin de répit a progressivement émergé et a convaincu tant dans le milieu associatif, que médico-social et politique, jusqu’à une affirmation officielle d’un Droit au Répit en 2015 (loi d’Adaptation de la Société au Vieillissement).